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L’École craque : protégeons celles et ceux qui la font vivre !

vendredi 17 octobre 2025, par UNSA avec Vous

Nous qui tenons l’École et l’Éducation nationale debout, qui portons ses valeurs chaque jour, nous ne devons jamais nous sentir seuls.

En ce mois d’octobre, nos pensées vont à Samuel Paty, Dominique Bernard, Caroline Grandjean, et à toutes celles et tous ceux qui, comme nous, s’engagent avec courage pour faire vivre la République dans nos écoles, établissements... Ces drames nous rappellent avec force que protéger les personnels n’est pas un luxe, mais une urgence. Parce que sans nous toutes et nous tous, l’École ne tient pas.

L’École est le reflet de la société : traversée par la tension, la défiance et parfois la violence. Elle doit redevenir un espace protégé, un lieu d’apaisement, de confiance, de transmission. Pour l’Unsa les solutions existent et sont simples : protéger, accompagner, reconnaître ses personnels.

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue en Comité Social d’Administration Académique le 16 octobre 2025.

Cécile Jacquemart, secrétaire régionale pour l’Unsa Éducation

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Madame la Rectrice,

Mesdames, Messieurs les membres du CSAA

En ce mois d’octobre, nos pensées vont à Samuel Paty, Dominique Bernard et Caroline Grandjean, ainsi qu’à leurs proches, et à tous ces personnels qui, chaque jour, font vivre les valeurs de la République au sein de l’École.

Ces drames nous rappellent, avec gravité, que l’école peut être prise pour cible, parce qu’elle porte ce qui fonde notre société : la liberté, la laïcité, l’émancipation.

Ils nous rappellent que la protection et le soutien des personnels doivent rester une priorité absolue — non pas dans les discours, mais dans les actes.

Depuis trop longtemps, l’UNSA Éducation alerte sur la situation de souffrance au travail, sur le sentiment d’abandon des personnels, sentiment qui ne doit plus jamais trouver place dans notre institution.

Dans notre académie, les atteintes aux personnes augmentent, les comportements violents se multiplient, et les équipes s’épuisent. L’école n’est pas un monde clos — elle est le reflet de la société. Et la société, aujourd’hui, est traversée par la tension, la défiance, parfois la violence.

Face à cette réalité, il faut des mesures d’urgence, mais aussi une vision globale : celle de la coéducation. Car nous ne pourrons pas répondre seuls à ces défis.

Il faut travailler avec les personnels de santé, les travailleurs sociaux, les collectivités locales, et renforcer le champ médico-social, qui s’est trop affaibli au fil des années.

Les RASED, les infirmières et infirmiers, les psychologues, les assistant.e.s sociaux sont les piliers invisibles de la réussite et de la protection des élèves. Ces personnels doivent retrouver des postes, des moyens, de la reconnaissance. C’est une urgence éducative, mais aussi humaine et républicaine.

L’école doit redevenir un espace protégé, un lieu d’apaisement, de confiance et de transmission.

Cette exigence de protection vaut évidemment pour les usagers que sont nos élèves mais aussi pour les personnels. Les risques psychosociaux progressent, les fiches SST s’accumulent, et trop souvent, ce sont les collectifs qui tombent malades. Des écoles, des services, des équipes qui craquent sous le poids de la charge, des injonctions, ou du manque de reconnaissance et toutes les professions sont concernées.

Nous devons prévenir plutôt que réparer. L’UNSA Éducation appelle à une prévention de proximité, au plus près des équipes, et à une formation massive de tous les personnels — à la prévention du harcèlement, aux RPS, et à la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Sur le modèle du programme PHARE, cette formation doit devenir un réflexe collectif : parce qu’un collectif formé est un collectif plus fort. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Pour cela, nous devons retrouver une stabilité politique et une vision à long terme. Car l’École ne peut se penser que sur un temps long. Notre École a besoin de temps, de cohérence et de sens. Les personnels ne peuvent plus suivre le rythme des réformes successives, souvent improvisées, rarement évaluées. Notre nouveau ministre, sans doute éphémère, est à l’origine de nombre de celles-ci, ce qui n’est pas pour nous rassurer.

Le bac, le brevet, les concours, la formation, le lycée professionnel : tout change, tout le temps, trop vite et sans recul.

Et à force de réformer sans respirer, on perd le sens de ce qu’on fait.

Il faut arrêter de courir après la réforme permanente, reconnaître tous les métiers, revaloriser les salaires, et surtout redonner du sens à l’action éducative.

Car enseigner, accompagner, administrer, former — ce ne sont pas des actes techniques : ce sont des actes de société.

Et dans cette société, le GRETA et la formation continue ont toute leur place.

Les formateurs, formatrices, coordinateurs et personnels administratifs y travaillent souvent dans la précarité, avec une mission pourtant essentielle : accompagner les parcours, l’insertion et la reconversion.

Ils méritent une reconnaissance institutionnelle et publique à la hauteur de leur engagement.

Alors oui, nous pouvons multiplier les plans, les protocoles et les chartes.

Mais sans indicateurs, sans équipes, sans écoute réelle, ils ne changeront pas la vie des personnels.

Ce que l’UNSA Éducation porte aujourd’hui, c’est une conviction simple :
- Protéger.
- Accompagner.
- Reconnaître.

Protéger ceux qui enseignent, accompagnent, forment, administrent. Accompagner les équipes confrontées à la violence, à la fatigue, à la perte de sens. Reconnaître le travail réel, celui qu’on ne voit pas toujours, mais qui fait tenir l’École de la République.

C’est cela, notre conception du dialogue social : lucide, exigeante, mais profondément humaine.

Et nous continuerons à la défendre, avec constance, parce que nous croyons à ce service public, à ses personnels et à la dignité de leur engagement.

Et puisque tout commence à l’école, permettez-moi de conclure par cette phrase de Jean Zay, qui garde toute sa force aujourd’hui :

“Les écoles doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas.”